Comme indiqué dans le titre, je suis en plein déménagement, et ce, depuis deux semaines... d'où mon silence !
Très bientôt je reviendrai vous lire, amis des mots,
Alexia
Parce qu'une plume, ça vit, parce qu'elle peut bouder, hiberner ou se cacher..
Parce qu'un stylo peut décider de se casser ou son encre de s'assécher..
Parce que la mine d'un crayon se brise, en même temps que vos idées.
Me revoilà, j'espère que cette fois mes compagnons ne me lâcheront pas.

Comme indiqué dans le titre, je suis en plein déménagement, et ce, depuis deux semaines... d'où mon silence !
Très bientôt je reviendrai vous lire, amis des mots,
Alexia
"Un cri dans le noir"
Un cri dans le noir.
Je m'étonne.
Tatônne.
Un coup sec.
Claquement de chair.
A chair.
Ses larmes brûlent.
Sanguines.
Trop acides.
Brouillard dense.
Qui se déchire.
Au matin.
Ma nouvelle "la sorcière et les anges" a été sélectionnée et est ouverte aux votes !
Merci d'aller y faire un tour... et de me donner une chance.
Bises à tous.
Mes larmes sont une médaille.
Il faut que je vous raconte mon week-end.
Un concert de classique, samedi soir, sur la plage, feu d'artifice en prime. Ils nous ont magnifiquement servi les quatre saisons de Vivaldi. Je sais, après, le bruit des pétards, ça peut paraître étrange, mais cette touche de modernité avait permis à un public plus jeune de venir découvrir ces morceaux intemporels. Moi, y compris. Pour moi, le classique, c'était beau et relaxant, mais j'avais jamais assisté à la panoplie complète avec un orchestre. J'ai pleuré. La beauté peut être douloureuse, des fois, vous savez...
Au petit matin, je suis revenu sur les lieux, j'espèrais retrouver un peu de cette magie de la veille. Cartons et plastiques jonchaient la plage grisâtre, sous un soleil qui jouait à cache-cache avec les nuages. J'ai pleuré. Mais cette fois, c'était bien des larmes de tristesse.
Mes larmes sont une médaille.
Pour les croqueurs.
Les années doucement filent,
Et le gravier lentement s'égraine.
Sur un fil de pêcheur, s'enfilent
De jolies perles blanches. Reine,
Je contemple les traces sur le sable
de mes pas, car bientôt, je serai
déchue de mes fonctions. Adorables,
Mes enfants devenus rois, aimés,
Me remplaceront et me couveront.
La marque de mon pied, effacée,
sera engloutie. Ils m'abandonneront,
Ces doutes obscurs et violacés !
Mais j'ai peur du temps qui passe.
Max était un petit garçon malin comme un singe et rusé comme un renard. Pourtant, avec ses yeux bleus au longs cils de poupée et ses tâches de rousseur, on lui donnerait le bon dieu sans confession ! Mais, chaque jour, il inventait un nouveau tour de couillon, au grand dam des habitants du village. Personne n'avait été épargné : ni le curé qui avait trouvé des poules dans son lit, ni la mère Duche qui avait eu droit à des souris dans sa soupe, enfin, la liste est longue...
Ce matin-là, Max avait besoin de quatre sous pour s'acheter des boules puantes qu'il prévoyait de glisser dans la penderie de sa voisine. Alors qu'il longeait le port, il avisa le pêcheur grognon qui enroulait soigneusement une corde épaisse. Il l'apostropha :
"hola l'ami, n'as tu pas quelques menus travaux pour moi, afin que je gagne de quoi acheter un cadeau à ma mère ?
- Toi ? Le plus filou des garçons d'ici ? File donc, et plus vite que ça ! Je n'ai pas d'argent à donner à un gredin comme toi !"
Max s'éloigna, mais déjà dans sa tête un plan de vengeance se formait...
La journée s'écoula, la voisine criait au scandale pour ses fourrures imbibées de liquide malodorant, max se couchait le sourire aux lèvres, tandis que, dans son bateau, le pêcheur enfilait son pardessus en caoutchou, glissait ses mains dans les poches... Et les ressortait à toute vitesse, les doigts emplis de longs piquants iodés !
Voilà comment un avare fut puni et l'expression qui en découla !
"Antimitié" pour les croqueurs
Moi, pour toi, j’étais prête à tuer.
Moi, pour toi, j’étais prête à voler.
Moi, pour toi, j’étais prête à me surpasser.
Je t’admirais, t’écoutais, te consolais…
Je t’aimais.
Mais mon cri de désespoir s’est perdu dans les abîmes.
Je n’ai jamais aperçu ta main tendue vers moi.
Alors j’ai dit stop.
Et je t’ai quittée.
Amères ont été mes larmes.
On ne parle jamais des amitiés toxiques.
Tu n’étais finalement qu’un monstre d’égoïsme.
Cette relation se crée et vit à deux.
Réciprocité est le maître mot d’une amitié durable.
La passion ne peut durer qu’un temps…
Défi 75, lancé par Lenaïg, thème "couvre-chef" et glisser "qui m'aime me suive" dans le texte.
"Effet de miroir"
Face au miroir, elles soupirent, analysant le travail à effectuer : cernes marquées, ridules au coin des yeux, lèvres trop fines...
Elles s'emparent d'une crème de jour, en déposent une noisette au bout de leurs doigts, et, délicatement, entreprennent de se masser le visage.
Seconde étape, le fond de teint : lentement, les éponges épousent la peau, sans oublier le cou.
Reste à s'embellir le visage, sans exagérer.
Elles font passer l'embout en mousse sur la paupière, déposant un fin voile nacré.
Puis, un trait de khôl sous les yeux.
D'une main sûre, le mascare d'un noir profond filent sur leurs cils à plusieurs reprises.
Les mains attrapent le rouge à lèvres. Lentement, le tube glisse, débordant un peu, laissant apparaître un vermillon éclatant.
Nouveau coup d'oeil pour apprécier le résultat : il manque la touche finale.
Un voile blanc en dentelle lui fait de l'oeil. Le posant sur son crâne, elle le rabat avec précaution sur son visage. Son père est devant la porte, afin de la mener à l'autel. "Qui m'aime me suive", murmure-t-elle, croisant les doigts comme une gamine supersticieuse.
Un voile noir en coton opaque l'attend sur la commode. Le posant sur son crâne, elle entoure avec précaution son visage. Son père est devant la porte, afin de la mener dans son nouveau chez-elle. "Inch'allah", murmure-t-elle, les paumes de mains et les yeux vers le ciel.
Elles sourient à leur reflet.
Elles sont prêtes.
Leur mari les attend.
"Acceptation"
Parce que c'est simple, tellement simple.
Et doux aussi.
Doux comme le premier flocon de neige sur la langue.
Doux comme une caresse sur le ventre du chat endormi.
Doux comme une larme reccueillie par une main bienveillante.
Doux comme le don d'un dessin maladroit d'un enfant.
Elle décide d'accepter.
Juste d'être...
Heureuse, peut-être ?
Arrache les débris lancinants de ta beauté éraillée.
Trempe les marques fatiguées dans un grand chaudron.
Frotte avec avidité et voracité ce magma bien englué.
Ajoute venin de serpent, Arachnée, et autres bonbons.
Brasse le fourbi vivant et empuanti de tes bras amaigris.
Étale et emplâtre ta face sordide de ce mélange délicat.
Lambeaux poresques face au miroir déteint, souris.
Admire ton œuvre grotesque, frêle museau de rat.
Maintenant, espère et prie.
Non.
Et pourtant...
Ils se battent pour sortir
ces chiens.
S'empêtrant dans les glaires,
Ils s'arrachent.
Se heurent à la barrière émaillée,
putain.
Ces putains de mots.
« Noyade »
Morsure brûlante de l'eau glacée,
Je me débats pour ne pas sombrer.
Étau palpable et noir, qui vers le fond
Me tire, me plonge jusqu'à l'abdication.
A travers le liquide vaseux j'aperçois
le lourd soleil étincelant qui décroît.
Une main me tire de cette horreur,
Je touche enfin terre avec ardeur.
« bûcher »
Les flammes rouges me pourlèchent
Embrasés, tous mes sens redoublent
Dans un brutal corps à corps infernal
Qui d'elles ou de moi l'emportera?
Dans ma bouche, ma langue s'assèche
Mi-clos, mes yeux noirs se troublent
Je mérite un tour au confessionnal
Mon amant, un culte éternel me vouera!
Sous la pluie battante, on t'oublie, l'hiver passe, si tu pouvais pleurer... Tu te tiens, droit, fier et silencieux. Ton visage est figé en une
éternelle grimace de douleur. Tu fais peur, on frissonne lorsque l'on croise ton regard. Cantonné à ton rôle, tu ne te débats plus contre ton destin. Tu as une belle mission pourtant, celle de
protéger.
Au printemps, on se rappelle de ta présence, on soigne tes plaies, te préparant, te bichonnant. En quelques semaines te voilà entouré
d'odorantes fleurs qui ravivent ton vieux coeur. Mais tu sembles méchant, les oiseaux te fuient, laissant désormais planer le seul bourdonnement des abeilles, nullement troublée par tes yeux
noirs.
Chaleur brûlante, tu meurs de soif en été, mais vaillant, tu continues à ne pas faillir à ton devoir. Grâce à toi, les petits pourront croquer
dans des fraises non mitées! Stoïque, tu encaisses les rayons mortels de l'astre lumineux.
Les feuilles rousses te recouvrent doucement. Automne. La famille qui t'accueille a mis tout son coeur à choisir les vêtements dont tu es
affublé, mais avec le temps, elle te laisse dépérir... Les ingrats! Peut-être pourrait-on gribouiller un sourire au pinceau sur ton faciès décoloré par le temps? Les enfants qui croiseraient ta
route viendrait ainsi serrer ta main rugueuse, inventant mille jeux dont tu serais le compagnon!
Et au prochain hiver, tout recommencera pour toi, petit épouvantail...
"La femme au chameau."
Le chameau était lancé.
Dans la nuit éclatante du désert, une femme mystérieusement voilée de blanc, duquel ressortaient uniquement de doux yeux noirs aux cils démesurés trônait. Aux flancs de
l'animal battaient de nombreux ballots de peau, clapotant doucement au gré du vent. C'était la marabout d'un village touareg, qui se rendait à une cinquantaine de kilomètres. Un messager était
venu la quérir, réclament aide et soin pour une fillette dont le mal inconnu semblait lui ôter la vie peu à peu. La femme savait de quoi il s'agissait, elle avait déjà soigné des patients,
parfois sans succès. La personne se laissait mourir, refusant de s'alimenter, parfois de boire, ainsi que de se laver, se terrant dans sa hutte.
Elle arriva au couchant aux premières habitations. Les enfants, la reconnaissant, s'agglutinèrent autour de l'animal. La chamane distribua un sourire, une caresse, un mot à ces
petits épris de grand air et d'amour. Elle se dirigea instinctivement vers la zeriba la plus grande, une des rares du village, faite de pierres et de feuilles de palmier. Elle poussa un soupir de
soulagement en quittant le dos du chameau, étirant ces longues jambes. Puis elle pénétra par la petite entrée, l'odeur lui sautant au narines soudainement. Une petite fille de onze ans était
allongée sous une épaisse fourrure, malgré la chaleur écrasante. Elle s'approcha sans bruit, saluant la mère d'un hochement de tête. Repoussant doucement la couverture, elle ausculta rapidement
l'enfant, lui confirmant ce qu'elle savait déjà : physiquement l'enfant semblait aller très bien. En interrogeant la mère, elle apprit que la petite était depuis trois lunes dans cet état, ne se
levant que pour aller uriner et déféquer, quand elle ne s'oubliait pas. La femme fit sortir les curieux qui s'étaient rassemblés autour d'elle, restant seule avec la fillette. Une discussion
pénible s'ensuivit durant deux longues heures. Puis elle resta couchée dans la hutte, utilisant des signaux magiques au-dessus de la tête de l'enfant, à chaque fois que celle ci passait d'une
phase de sommeil à l'autre.
A l'aube, éreintée, elle sortit boire une infusion de menthe pour se rincer la bouche et le corps. La mère qui avait dormi chez sa soeur s'approcha d'elle avec espoir,
quémandant des réponses. La femme n'ouvrit pas la bouche tant que toute la tribu ne fut pas rassemblée, formant un cercle. Alors elle ouvrit la bouche :
« La fille se meurt car elle a en elle l'enfant du péché, sachant que l'opprobre sera sur elle et que tous se détourneront d'elle. Mais c'est aussi l'enfant de Dieu.
Mariez-la au père et acceptez cette union déjà bénie. »
Et elle reparti sur ces mots avec son animal. Derrière elle...
Le hameau était glacé.