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Le blog d'Askélia

"plus t'en mets..."

11 Avril 2011 , Rédigé par askelia Publié dans #courts textes - nouvelles.

Défi de février 2009, club de la rose:

A partir d'un slogan publicitaire, inventez une histoire rocambolesque.


 

« Plus t'en mets...»




      Je vais avoir 34 ans la semaine prochaine, et je suis célibataire depuis... 34 ans. Même pas eu d'amoureuse en maternelle, pas de petite fille blonde à couettes qui m'ait montré sa culotte à la récrée. Que dalle. Je vous raconte pas mon adolescence, j'étais le vrai pestiféré, jamais pu rien connaitre d'autre que la branlette. Enfin, bref, passons... Ma seule copine, c'est ma télé. Elle est fidèle et me montre toutes les femmes que je veux au moins! Donc, quand je suis tombé sur la pub pour ce déodorant Axe disant que « plus t'en mets, plus t'en as », avec tous ce tas de chouettes pépettes toutes plus bien gaulées les unes que les autres, j'ai couru me l'acheter! A vrai dire, je savais même pas à quoi ça servait un « déo ». Alors j'ai fait comme le gars dans la pub, je me suis mis torse nu et j'en ai mis partout où y'avait des poils (partout tout court en fait), en faisant des mines de chattes en chaleur (sauf que le gars en question en avait pas des poils, j'ai pas compris).

    Après, je suis de suite allé me balader, impatient de voir l'effet que ça pouvait procurer d'être assailli de nanas. (Et inquiet sur ce qu'il fallait faire après j'avoue...) Je marchais doucement. J'attendais. J'attendais. J'attendais... Rien. Les filles me sautaient toujours pas dessus. Alors je suis allé un peu me coller à elle, dans les magasins ou les parcs, pour bien leur faire sentir mon odeur de axe menthe-poivre-musc-gingembre. Mais elle se barraient toutes très vite, en poussant de petits cris effrayés ou en me regardant comme si j'étais un tordu. Alors je m'arrêtais dans les toilettes d'un bar, pour me repchitter un coup! Et je repartais en quête.

    A la fin de la journée, je transpirais comme un bœuf bien que j'ai vidé mon déo neuf, j'avais mal aux pieds, j'étais énervé, toutes ces filles à qui je me frottais me rendaient dingue. Je suis rentré dans une ultime boutique. Lingerie fine. Ouah! Le paradis, quasiment que des gonzesses! Je suis resté un petit moment a l'entrée, soûlé par toutes les odeurs de parfums. A peine j'étais au premier rayon, qu'un vendeuse s'est approchée de moi pour me demander en souriant si elle pouvait m'aider à choisir le cadeau de madame. Jamais on m'avait souri comme ça. Sauf qu'elle était vraiment moche, alors comme un con j'ai pas répondu et je l'ai plantée là, me dirigeant au fond vers les cabines d'essayage. Je me suis assis deux minutes sur les sièges destinés aux maris et autres, je suppose, et j'ai observé les entrées et sorties. Au bout d'un moment les vendeuses se sont rapprochées, elles chuchotaient en me regardant en biais. Puis, là, d'un coup, dans la cabine d'en face dont le rideau était mal fermé, j'ai vu le reflet d'une grande blonde en string en train de s'observer les seins en les triturant, je sais pas ce qu'elle foutait, mais j'ai pas réfléchi! J'ai bondi, j'ai arraché le rideau, je suis rentré dans la cabine pas du tout impressionné par les hurlements qu'elle a poussé illico, je l'ai enlacé de toutes mes forces en plaquant mes paumes sur ses nénés. De là, elle est tombé dans les vapes. Et je me suis retrouvé complètement con. Je l'ai lâché et elle a glissé par terre. Dans la boutique, toutes les femmes gueulaient, certaines pleuraient, d'autres se barraient vers la sortie, les vendeuses criaient toutes qu'elles allaient appeler les flics. J'ai pété un plomb. En quelques enjambées je suis allée me foutre devant la porte, empêchant toute sortie, j'ai chopé la première qui passait, et je l'ai plaqué contre moi en faisant mine de l'étrangler avec mon bras. Deuxième vague de hurlements. Alors je me suis mis à vociférer encore plus fort en leur disant de la fermer sinon j'étouffais aussi sec la pétasse que je tenais. Pétasse qui poussait de petits couinements pas du tout sexy, mais elle se débattait, c'était plus fort que moi, j'ai recommencé pour la centième fois de la journée à bander. Le silence est devenu religieux dans le magasin, hormis des reniflements. J'étais bien emmerdé. Alors que je me demandais comment j'allais me tirer de ce merdier, la porte derrière moi s'est fracassée et j'ai été ceinturé aussi sec. Les flics. Je me suis rendu sans opposer de résistance.

    Maintenant je vous parle de la prison, et toutes les femmes interrogées au procès ont mentionné « l'épouvantable et repoussante odeur de crasse que je dégageais, absolument pas cachée par tout le déodorant que j'avais pu mettre ».

    Quand je sortirai, je porterai plainte moi aussi, contre Axe pour publicité mensongère.

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Florian Jeunot 01/05/2011 17:23


C'est hilarant ! Et bien écrit, je vais passer un bon moment sur ce blog je pense...


Magalune 19/04/2011 22:13


une bonne partie de rigolade ce texte :-) vraiment merci du partage !
Magalie


Vert-de-Gris 19/04/2011 17:49


Banalité de la frustration, qui débouche sur la situation rocambolesque (et qui débouche le nez au passage).
Le concept de jouer avec un slogan... m'amuse fortement. Un jeu à reprendre!


Elo 16/04/2011 16:11


hi hi tu m'as fait rire avec cette histoire... ;) bises


flotflot 14/04/2011 19:44


Quelle histoire!!
la fin ma bien fait rire
amitié
flo


lesouriredeline.over-blog.com 13/04/2011 19:11


bonne soirée

et merci merci de ta fidélité


Rose 12/04/2011 18:56


Ça, c'est l'effet Répulse :-)

Ou... quand la publicité veut nous faire gober n'importe quoi!!!

Merci pour ce texte rebondissant.

Bonne soirée Askélia

Rose


lesouriredeline.over-blog.com 12/04/2011 17:31


quelle histoire !!!!!

bonne soirée


Iddril 12/04/2011 13:58


Surprenant, la facilité à se mettre dans la peau du personnage...Bravo!


•°•Gourmandine Poétique•°• 11/04/2011 21:30


helloooo

alors la je dis, BRAAAAAVOOOOOOO!
quelle belle lecture, j'adooooooooooore!
je ne sais pas si j'ai de la peine pour lui ou de la rage, deux sentiments qui se mélangent au fil de ma lecture.
comme quoi ce déo n'attire pas que des filles mais les flics aussi!
ce que je peux lui conseiller c'est de ne plus se parfumer avec ce déo et d'aller le plus simplement possible vers les filles en leurs disant " je suis seul, désespéré, voulez vous m'épouser?"
heuu... je ne sais pas si ca marchera j'en doute mais dans tout les cas il ne risque pas la prison
bisouillesssssssssssssss et encore une fois j'ai adooooréeee.