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Le blog d'Askélia

"L'affreuse lie de la folie"

24 Février 2012 , Rédigé par askelia Publié dans #courts textes - nouvelles.

Enchevêtrement entre Vert-de-grisaille et moi-même, sur le thème de la folie.

"L'affreuse lie de la folie"

Elle égrène les secondes d’une voix éraillée, depuis des milliers d’années.
 Je te contemple, d’abord de loin. Puis près, de plus en plus près… Jusqu’à m’admirer dans tes iris bleutés.

Elle hante les esprits torturés, chus dans ses chuchotements.
 Je murmure et fredonne à ton oreille, je te passe au scanner,  je t’analyse : pour moi, tu es parfait.

Elle leur fait voir arcs-en-ciel fantasmagoriques, fantômes, ou horreurs du passé.
 Je danse sensuellement autour de toi, je te frôle, te palpe, comme une lionne appréhende sa proie.

De ses bras avides, elle enlace les corps et ceins les têtes pour mieux les murer dans de sombres idées.
Je m’immisce en toi, pour commencer par fragments, par quelques pores… Jusqu’à sentir le parfum de ta peau.

 Elle, elle murmure. Mais, à l’intérieur des murs qu’elle construit, elle tape si fort que les êtres hurlent.
 Je m’attaque aux parois perméables de ta chair tendre, elle est si douce. Constate : elle s’offre à moi.

Dans ses yeux, quand ils se mirent, les atteints se sentent frémir.
Je bois ta transpiration, ton sang, ton liquide séminal ou tes sécrétions les plus intimes… Jusqu’à te vider.

Elle boit, pompe leurs fragments d’énergie, mais garde l’élégie d’une descente spiralée aux enfers, exprimée dans les termes les plus créatifs possibles.
 Je me vois quand tu te regardes dans le miroir de ta salle de bain à la lumière blafarde. Ça y est. Nous ne faisons plus qu’un.

Parfois folie furieuse, souvent furie follette, elle allume les feux sans qu’on soit à la Saint-Jean.
 Je dissèque ton cerveau, en faisant de la bouillie que je boirai à la paille, juste pour le plaisir. Tu t’es perdu déjà dans mes abîmes.

Elle embrase, pour mieux embrasser tout ce qu’elle atteint, et laisser traces de rouge au bord des yeux, sombres stigmates des insomniaques.
 Je te pousse à lutter la nuit contre Morphée, te faisant t’arquer de désespoir dans ta couche quand la lucidité s’éclaire une fraction de seconde.

Folie. Fausse lie, qu’on boit, qu’on voit ou pas, qui nous convoie vers la route du néant.
Je combats cette pute de conscience de toi qui veut ma peau. Mais au duel, c’est moi qui vais gagner. Tu es déjà l'esclave de mes envies.

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lafillequilisaittrop 15/08/2012 22:50

Très bien construit, dans une écriture qui évoque la circulation de la folie à la fois dans les sens, dans l'esprit et dans le ressentir.

C comme Corinne 03/03/2012 09:06

troublant...

Quichottine 29/02/2012 03:00

C'est impressionnant...
... mais très bien écrit. :)

Iddril 28/02/2012 07:24

Folie, folie...Tu rôdes!!! mais tu n'es pas en moi. Je t'observe...
Vos mots remuent les tripes.

Suzâme 26/02/2012 18:16

Vous lire en délires, me délivre un instant de cet invisible vampire. J'ai toujours eu peur de sa soif, de son errance aux alentours et de son besoin grotesque de se propager, d'envahir la lumière
et entièrement la nuit. Souvent j'ai soupçonné sa présence dans le regard et dans les mots silencieux de mes ami(e)s. Depuis toujours je le fuis, ce vampire qui me ressemble. Merci de me lire de
temps en temps. Bisous. Suzâme

libre necessite 25/02/2012 10:07

un texte qui résonne en moi même si la mort m'a privé de cette relation étrange. Bises Dan

louv' 25/02/2012 06:57

Des mots bien choisis pour des idées étranges et dérangeantes. J'aime beaucoup.

Vert-de-Grisaille 24/02/2012 21:15

Merci pour ce thème ô combien amusant pour ma personnalité "folle"! J'espère que la tienne s'y est amusée autant que moi, et que nous réitérerons ce genre d'exercices, afin de laisser parler nos
schizophrénies encore...

askelia 24/02/2012 21:20



Avec plaisir mon amie des mots !